Sortir de l'emprise sectaire

Sortir d'une secte, se libérer d'une emprise sectaire sont des processus qui peuvent être longs et difficiles.

Des modalités différentes

  • La situation de l’adepte qui sort est différente selon la durée et l’importance de son implication dans le groupe sectaire, l’ampleur des concessions et préjudices (sacrifice de la vie de famille, pertes financières, perte de l’emploi, temps investi).
  • Il peut avoir été exclu pour des raisons internes au groupe.
  • Il peut être sorti volontairement après avoir observé des contradictions ou des incohérences entre ses valeurs et le fonctionnement du groupe ou le comportement du gourou, avoir été témoin d’agissements allant à l’encontre de ses propres valeurs. Il peut aussi être tombé amoureux d’une personne extérieure au groupe.

Des atteintes profondes

Les conséquences d’une emprise sur l’individu qui en a été victime sont toujours très importantes, il est souvent profondément traumatisé.
Il est aussi confronté à de grandes difficultés :

  • Psychologiques : perte de confiance en soi, sentiment de perte d’identité et de repères, honte, culpabilité,
  • Sociales : isolement relationnel, absence de ressources,
  • Professionnelles : études inachevées, manque de formation, chômage,
  • Ostracisme de la part des membres du groupe (y compris parfois sa famille proche),
  • De plus, la doctrine à laquelle il a adhéré continue de perturber le son raisonnement, s’imposant dans sa pensée contre sa volonté : « il est sorti de la secte mais la secte n’est pas sortie de sa tête ».

Un long travail de reconstruction sera souvent nécessaire, de compréhension de ce qui est arrivé et de réappropriation de sa vie.

Après la secte

Chacun puise dans son histoire personnelle et ses rencontres des solutions pour faire face, mais la sortie sera probablement plus facile si des contacts ont pu être maintenus avec les proches.

Sont importants, en fonction des situations :

  • Le soutien aimant de l’entourage proche resté en dehors de la secte,
  • Un travail sur soi à l’aide d’une psychothérapie avec un professionnel compétent,
  • L’acquisition de connaissances sur les mécanismes de l’emprise,
  • Les échanges et partages avec d’autres victimes ex-adeptes,
  • Le soutien des associations de défense contre les dérives sectaires,
  • Le témoignage de son histoire, « pour aider les autres »,
  • Dans certains cas, la reconnaissance par la justice du statut de victime (mais cette reconnaissance reste encore très difficile à obtenir).